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Tirer profit des apports du Web 2.0
Comment améliorer la performance de son site web ? Comment en tirer profit
pour sa communication et son marketing online ? Quels sont les enjeux
juridiques ? Réponses lors des Journées Web 2.0 du 27 novembre au 1er
décembre
iFrance prépare son grand retour
Après une traversée du désert de trois ans, iFrance revient. Le portail, qui affiche plus de
650.000 membres, lancera son offensive sous la marque Idoo dans une version Web 2.0 à la
fin de l'année.
08 Août 2006 Nous sommes en été 2003. iFrance, le portail d'hébergement (webmail,
sites persos...) et de communautés lancé par Marc Simoncini En savoir plus
(Meetic) en 1999, et revendu en 2000 à Vivendi (époque iFrance
Jean-Marie Messier) pour 150 millions d'euros, change une Dossier Web
nouvelle fois de mains. Mais pour un euro symbolique, cette fois. 2.0
Le repreneur, la holding ACC Long Distance de William Illouz, ne
tarde pas à licencier la plus grande partie du personnel, et rapidement les services et
la marque iFrance tombent en désuétude. Jusqu'à la reprise en location gérance par
Winch Hébergement, en juillet 2004. Son patron, Joël Le Mercier, a depuis racheté la
société, migré sur une nouvelle plate-forme technique, et lancé de nouveaux services.
Et pour la rentrée, il annonce le retour en force du portail
La rentrée marquera donc peut-être la fin de la traversée du désert pour le portail, qui
aura tout de même duré trois ans. Trois années de feuilleton entre série noire et
chronique judiciaire, pour une histoire qui avait commencé comme un conte de fées
pour Marc Simoncini et ses associés... En effet, après l'épisode du rachat par Vivendi,
opération symbole des excès de la nouvelle économie, ACC Long Distance (déjà
propriétaire de First Telecom, Comparatel et Bingopoly) ne semble jamais avoir porté
de réel projet industriel pour iFrance. Un groupe d'employés de iFrance et Flipside,
autre société de Vivendi revendue à ACC, avaient même en décembre 2003 accusé
Vivendi dans un communiqué d'avoir "externalisé la fermeture" d'iFrance en
revendant la société à William Illouz.
Joël Le Mercier, ingénieur qualité de formation et ancien dirigeant et fondateur de la
SSII Synaptique Europe, qui dépose le bilan en mars 2003, harcèle (de ses propres
termes) William Illouz depuis 2003 pour récupérer iFrance, qu'il reprend finalement en
location-gérance en juillet 2004. Une formule qui consiste à reprendre les actifs d'une
société, et à les exploiter en reversant chaque mois une somme définie
contractuellement avec ACC. Il crée pour cela la société Winch Hébergement, avec
l'ambition de trouver rapidement des partenaires afin de développer l'entreprise. Il
s'entoure alors d'Augustin Rousselet, directeur général de Paseosoft, et de Pierre
Goron, ancien directeur technique de Free.
Les contrats de location-gérance étant limités par la loi à 23 mois, il cherche à
racheter iFrance. Mais les deux hommes ne s'entendent pas sur l'accord et William
Illouz place sa société en liquidation judiciaire en janvier 2005 sans en informer Joël
Le Mercier, qui ne mâche pas ses mots au sujet du dirigeant. Celui-ci parvient
néanmoins à utiliser son droit de préemption pour déposer une offre, acceptée par le
Tribunal de Commerce en avril malgré les oppositions déposées par ACC. "A ce
moment là, ne subsistaient que la marque et un quart des serveurs, raconte-t-il. Les
services fonctionnaient très très mal, et il restait très peu d'anciens collaborateurs."
Joël Le Mercier et ses deux associés créent alors la société iEurop en mai 2005, pour
gérer l'ensemble des activités d'iFrance dans tous les pays où le site était présent. A
eux trois, ils détiennent 80 % du capital (dont 43 % pour Joël Le Mercier), mais au
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total la société compte 18 actionnaires privés, parmi lesquels l'ancien numéro 2 de
Bull ou encore Igor Schlumberger, PDG de Leguide.com.
Ils font migrer les serveurs sur une nouvelle plate-forme
657.000
technique sous Linux, passent la capacité de stockage des boîtes
membres actifs,
e-mail à 2Go, réactivent les sites belge, québécois et suisse,
dont 400.000 en
lancent une offre payante (iFrance Pro) et une activité de registrar
France
pour le ".fr", éliminent les formats publicitaires intrusifs... "Quand
nous avons repris iFrance, la base de données devait comporter
environ 400.000 adresses. Nous sommes d'abord passés par une phase de
réinscription, et aujourd'hui nous comptons 657.000 membres actifs, dont 400.000 en
France." Le business model repose désormais sur une triple entrée : la publicité, les
abonnements, et l'affiliation (présence de contenus et de services issus de
partenaires, en marque blanche ou grise).
Au total, 800.000 euros auront été nécessaires pour redresser la société. Aujourd'hui,
le portail se décline en version belge, espagnole, italienne, suisse et québécoise. Il
revendique 19 millions de visites en mars selon Mediamétrie eStat. L'Espagne
enregistrerait 45 % du trafic, la France 40 %. Durant l'année écoulée, iEurop a relancé
de nouveaux services qui lui permettent d'annoncer une moyenne supérieure à 2.300
nouveaux inscrits par jour. Parmi ceux-ci, iBlog, le dernier sorti il y a deux mois,
enregistre 11.200 membres en France. D'autres devraient suivre à la rentrée : sont
notamment prévus un vidéo chat, une application permettant de se connecter à son
PC à distance, un système de rémunération du droit d'auteur pour les contenus
postés par les membres et qui atteindront un certain niveau d'audience, un nouveau
webmail, et une nouvelle version de la page d'accueil.
Mais le gros des développements concerne les outils
"Le futur Idoo
collaboratifs, principal chantier de l'année 2007 pour iEurop.
sera un mélange
"Pour moi, les trois plus belles entreprises en ce moment sont
de MySpace,
MySpace, Flickr et Netvibes, confie le président de iEurop.
37Signals et
L'avenir de l'Internet se trouve dans le communautaire et le
Netvibes" collaboratif." Joël Le Mercier, qui poursuit depuis longtemps le
rêve de "concurrencer Google et Yahoo" avec ce type de
services - il était convaincu qu'iFrance était la seule marque qui lui permettrait
d'atteindre une audience suffisante pour réaliser son projet -, va donc passer à la
deuxième étape de son plan.
Et celle-ci s'appelle Idoo. Une marque déposée à l'époque par Marc Simoncini, qui
voulait rebaptiser iFrance, puis abandonnée sur les conseils de professionnels de la
communication peu emballés par le nom. En rachetant iFrance, Joël Le Mercier a
aussi racheté Idoo. "Nous allons utiliser cette marque pour créer le premier espace
communautaire où tous les outils qui permettent de s'exprimer librement sur le Web
seront réunis. Ce sera un mélange de MySpace, 37Signals et Netvibes. Idoo sera la
marque internationale du portail, qui sortira en français, anglais et espagnol d'ici la fin
de l'année."
iEurop, qui emploie aujourd'hui 23 personnes, prévoit d'atteindre En savoir plus
l'équilibre pour son exercice 2006. Joël Le Mercier y croit, c'est iFrance
certain. "Nous avons la possibilité de développer un des tous Dossier Web
premiers acteurs européens de l'Internet", déclare-t-il. Alors, 2.0
même si les propositions de rachat se profilaient, pas question
que le nouvel iFrance change à nouveau de mains. "Je rêve de ce projet depuis
longtemps, et mes associés sont capables de l'industrialiser. Alors pas question de
vendre." Raphaële KARAYAN, JDN
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